SimpleX : le guide pratique pour parler en privé, sans identifiant

Christophe Boutry 2 min de lecture

Sur les messageries des réseaux sociaux, vous êtes d’abord un numéro de téléphone et une liste de relations. SimpleX fonctionne sans aucun identifiant. J’ai écrit un guide pratique, gratuit, pour l’installer, le configurer et le sécuriser.

Télécharger le guide SimpleX (PDF, 16 pages)

Le problème, ce n’est pas seulement le contenu

Chaque message envoyé sur Messenger, Instagram, X ou TikTok passe par une entreprise dont le métier est de vous connaître. Même quand le contenu est chiffré, la plateforme garde l’essentiel : qui parle à qui, quand, combien de fois, depuis où. Ce sont les métadonnées. Elles suffisent à dessiner une vie : vos proches, vos sources, vos engagements, vos habitudes.

WhatsApp et Telegram vous attachent à votre numéro de téléphone, donc à votre identité civile. Telegram ne chiffre même pas vos conversations de bout en bout par défaut. Signal fait beaucoup mieux, mais demande encore un numéro pour s’inscrire.

Tableau du guide comparant Messenger, Instagram, Telegram, WhatsApp, Signal et SimpleX : inscription, chiffrement par défaut, connaissance de qui parle à qui
Ce que voit votre messagerie : extrait du guide.

Ce que SimpleX change

  • Aucun identifiant. Ni numéro, ni courriel, ni pseudo. On se connecte en échangeant un lien ou un QR code, jamais par un annuaire. Les « noms SimpleX », en bêta, sont réservés aux canaux et aux entreprises, et facultatifs.
  • Pas de carte de vos relations. Chaque conversation passe par ses propres files de messages : les serveurs ne peuvent pas relier vos discussions entre elles.
  • Adresse IP brouillée. Le routage privé fait passer vos messages par deux relais : le premier ne connaît pas le destinataire, celui de votre contact ne voit pas votre adresse IP. Par défaut, il ne joue que vers les serveurs inconnus de votre application : le guide explique comment le régler sur « Toujours ».
  • Prêt pour le quantique. Dans les conversations directes, le chiffrement résiste déjà aux ordinateurs quantiques de demain, contre ceux qui stockent aujourd’hui pour déchiffrer plus tard.
  • Rien ne reste sur les serveurs. Les messages sont effacés après livraison. Le code est ouvert et a été audité.

C’est un outil pour parler en privé, et pour s’organiser : associations, rédactions, collectifs, familles. Un groupe SimpleX n’existe que sur les téléphones de ses membres. Aucun serveur n’en connaît la liste.

Ce que contient le guide

Seize pages, pas à pas, illustrées par des captures réelles de l’application sur iPhone (noms, messages et codes masqués) :

  • les 10 réglages à faire en 5 minutes, dès la page 4 ;
  • installer l’application et ajouter un contact par lien ou QR code ;
  • vérifier le code de sécurité d’un contact, régler les messages éphémères ;
  • créer et coordonner un groupe : rôles, admission des membres, canaux ;
  • verrouiller l’application, code d’autodestruction, profils cachés, notifications discrètes ;
  • opérateurs, routage privé et Tor ;
  • sauvegarder ses données et changer de téléphone sans rien perdre.

Mon relais SimpleX

N’importe qui peut héberger un relais SimpleX. J’en fais tourner un, simplex.nostrmap.fr, à côté du relais Nostr relay.nostrmap.net, chez Hetzner à Helsinki, pour qu’une partie de ce réseau ne dépende pas des grands opérateurs. Le guide explique comment l’ajouter en scannant deux QR codes. C’est facultatif : il s’ajoute aux serveurs par défaut, sans les remplacer. Avec plusieurs profils, il faut l’ajouter dans chacun.

Page du guide présentant le relais simplex.nostrmap.fr avec les QR codes des serveurs de messages et de fichiers
Ajouter le relais simplex.nostrmap.fr : extrait du guide.

La vie privée n’est pas un crime. C’est la condition de la liberté d’expression, de la presse et de l’engagement. Protégez la vôtre, et celle de ceux qui vous parlent.

Télécharger le guide SimpleX (PDF, 16 pages)

Guide indépendant, non affilié à SimpleX Chat. Site officiel de l’application : simplex.chat